🌊5. Flemme
Faut-il vraiment se mettre un coup de pied aux fesses?
Salut à vous,
Bienvenue dans le 5ème numéro de Propagations.
Vous êtes déjà 270 à me lire, merci 🧡 !
Vous n’avez pas reçu de numéro de Propagations le mois dernier. J’ai pensé à des sujets, créé des brouillons, culpabilisé, bloqué des créneaux dans mon agenda, rien n’y a fait. Je n’ai pas réussi à m’y mettre. Mes clients avocats aussi vivent ça, souvent. Ok pour répondre aux mails, honorer leurs rendez-vous ou leurs urgences, mais impossible de se consacrer aux tâches de fond. Celles qui demandent de la concentration et de la créativité. Flemme.
Sauf que parfois, on a beau avoir la flemme, on a surtout pas le choix. L’injonction de conclure ou la date de closing n’attendent pas. Alors, quand ça nous arrive, comment on fait pour se bouger quand même? Ce mois-ci, je vous parle de la flemme chez les avocat.e.s. Ou comment la paresse peut devenir votre meilleure alliée.
Ça vous va?
N’oubliez pas que vous pouvez :
Lire les éditions précédentes de Propagations,
En savoir plus sur mes coachings pour avocats.
Dans ce numéro
Est-ce que tout le monde a la flemme?
La flemme n’existe pas
Remplacer la flemme par la flamme
Alors, qu’est-ce qu’on fait?
1. Est-ce que tout le monde a la flemme?
La flemme est un mot que j’entends tous les jours. Il fait partie de notre langage du quotidien.
“Je devais faire le ménage ce week-end, mais j’ai eu la flemme”.
“J’ai la flemme de rappeler ce client qui m’a laissé plusieurs messages”.
On l’emploie sans réfléchir, mais généralement, ce qu’on entend par là, c’est une forme de paresse. Que ce soit dans la sphère pro ou perso, on décrit un comportement de faiblesse, d’échec à réaliser quelque chose qu’on devrait faire.
Avoir la flemme, c’est la honte.
Céder à sa flemme, c’est pire.
C’est manquer à un engagement que l’on a pris envers d’autres, ou envers soi-même. C’est donner l’image de quelqu’un de fainéant, de pas fiable, de faible.
Alors en plus d’avoir la flemme, on culpabilise. Surtout que souvent, quand on a une vraie grosse flemme, on n’en parle à personne. La paresse est un des sept péchés capitaux de la religion catholique. Donc culturellement, en France, on ne crie pas sa flemme sur tous les toits.
Sauf que le sentiment de flemme est universel. Il ne va pas se manifester pareil chez tout le monde, et il n’a pas nécessairement le même objet. Mais chacun d’entre nous a déjà eu la flemme.
La plupart du temps, la flemme passe d’elle-même et c’est un non-événement.
Mais quand elle s’installe, elle peut mener à deux risques principaux :
—> Trop céder à sa flemme, jusqu’à se mettre en difficulté vis à vis des clients,
—> Ne jamais y céder, forcer sa tête et son corps à agir, jusqu’au burn-out.
Alors, se laisser couler ou se mettre un coup de pied aux fesses?
2. La flemme n’existe pas
Pour répondre à cette question, il faut commencer par déconstruire une idée reçue.
La flemme, en tant que paresse coupable, n’existe pas.
Aucune étude psychologique ou neuro-scientifique n’a jamais corroboré l’existence de la flemme ou de la paresse.
L’absence d’envie d’agir est au contraire liée à deux éléments principaux :
notre instinct de survie,
nos réactions à nos émotions et notre environnement.
Pour l’instinct de survie, c’est facile : les espèces qui ont survécu à l’évolution sont celles qui savaient mener leur vie en consommant le moins d’énergie possible. S’économiser pour dépenser le moins de calories possible, dans l’attente du prochain mamouth qu’on pourra capturer.
Bonne nouvelle, votre flemme vous permet de survivre.
Pour le reste, vous manquez d’envie d’agir en réaction à ce que les événements vous font ressentir :
Vous subissez une grande fatigue physique ou psychologique, et vous avez besoin de repos,
Vous n’êtes pas encore sûr.e à 100% de l’action à entreprendre, et vous avez besoin de temps avant de prendre une décision,
Vous avez peur devant l’ampleur ou la difficulté d’une tâche,
Vous avez trop de choses à faire et vous ne savez pas par où commencer,
Vous ne trouvez ni utilité, ni plaisir, ni sens à ce que vous avez à faire,
Vous avez peur de ce qui pourrait arriver si vous réussissez…
Imaginons que vous ayez pris l’engagement d’écrire un post LinkedIn par semaine pour accroître votre visibilité et développer votre clientèle. Vous n’arrivez pas à vous y mettre, et en plus vous culpabilisez.
Si vous étiez mon client en coaching, je vous questionnerai pour en savoir plus. Je découvrirai sûrement une peur que votre post soit jugé par vos lecteurs, un flou autour des sujets intéressants à aborder, ou un doute sur le fait que cela peut vraiment vous rapporter des clients.
Vous n’êtes pas paresseux, vous êtes pétrifié.
3. Remplacer la flemme par la flamme
Puisque votre manque d’envie d’agir n’est pas de la flemme, vous mettre un bon coup de pied aux fesses ne sert à rien.
Bien sûr, ça peut marcher sur le court terme, pour gérer une urgence absolue ou pour finir sa to do avant les vacances.
Mais à long terme, agir coûte que coûte contre vos émotions est très énergivore.
Je l’ai dit, ne pas écouter sa fatigue et ses propres limites peut mener au burn-out et à la dépression. Ne pas écouter ses peurs peut vous insécuriser et vous amener à agir à l’encontre de ce qui est bon pour vous.
La flemme est un messager que quelque chose ne va pas et qu’il faut agir.
Ce qui marche, c’est d’aller chercher le sentiment positif qui peut vous redonner la flamme, la motivation. Ce sentiment positif, c’est la raison qui vous pousse à agir, l’envie profonde qui vous a amené à vous engager au démarrage.
C’est trouver la flamme au fond de vous, et souffler correctement dessus pour la raviver. Axel Lattuada l’explique très bien dans sa vidéo “Et tout le monde s’en fout” :

En bref, n’essayez pas de faire disparaître la flemme.
Cherchez plutôt à faire apparaître la motivation.
4. Alors, comment on fait?
C’est bien beau de dire qu’il faut agir sur sa motivation, encore faut-il savoir comment. Je préfère vous le dire, c’est un travail de longue haleine, et parfois tous les outils du monde ne permettent pas de s’en sortir tout de suite. La preuve, les outils, je les ai, et pourtant je n’ai rien été foutue d’écrire en janvier.
Ces conseils peuvent toutefois vous être utiles dans la plupart des cas, pour identifier ce qu’il se passe et agir quand c’est possible.
Conseil n°1 - ne rien faire du tout
Quand vous sentez la flemme vous envahir, accordez vous un moment de détente et de repos. Votre corps est peut-être en train de vous dire que vous n’en pouvez plus.
C’est contre-intuitif, surtout si vous avez tendance à être surbooké.e. Mais c’est essentiel, car vous rechargerez vos batteries et vous assurez que lorsque vous agirez, vous serez dans de bonnes conditions.
Conseil n°2 - “de quoi j’ai peur?”
Est-ce que j’ai du mal à écrire ce contrat parce qu’il fait appel à un point juridique sur lequel je ne suis pas à l’aise? Est-ce que j’ai la flemme d’aller au réseau d’entrepreneur auquel on m’invite depuis longtemps, parce que j’ai peur de donner une mauvaise image de moi? Est-ce que je n’arrive pas à refaire mon site internet parce que j’ai peur qu’il ne soit pas parfait?
Profitez de votre petit temps de pause pour vous questionner : c’est quoi la peur derrière ma flemme? Est-ce que cette peur est tangible? Qu’est-ce qui pourrait me rassurer?
Conseil n°3 - se concentrer sur l’envie
Une fois la peur remise à sa juste place, concentrez-vous sur votre envie. Vous avez du mal à rédiger ce contrat ccomplexe car vous avez peur de ne pas y arriver? Concentrez-vous sur le projet du client, ce à quoi votre contrat va servir, qui vous allez aider, combien vous allez gagner… Bref tout ce qui remet du carburant positif dans votre moteur (Spoiler : la culpabilité n’en fait pas partie).
Conseil n°'4 - suivre vos objectifs
Souvent, on ajoute une tâche sur notre to do pour faire paisir, pour respecter les conventions sociales, pour donner une image… mais pas pour suivre nos envies et nos valeurs. Si vous voulez prendre la parole sur LinkedIn non pas parce que vous avez quelque chose à dire, mais parce qu’en 2024 “c’est comme ça qu’il faut faire” pour développer de la clientèle, je parie que vous allez lutter pour vous y mettre.
Déterrez vos envies profondes, suivez vos objectifs, et supprimez de votre to do les actions qui ne les servent pas.
Conseil n°5 - respectez la flemme des autres
Si la flemme n’existe pas chez vous, elle n’existe pas chez les autres non plus. Alors avant de penser que votre stagiaire ou votre associé a la flemme, questionnez le sur ce qui bloque, et accompagnez le à trouver une solution.
Conseil n°6 - commencez par commencer
Et quand vraiment vous n’avez pas le choix, commencez par commencer. Découpez les grosses tâches en toutes petites, et commencez par la première. Une petite tâche minuscule qui vous permet de vous récompenser quand elle sera finie. Et de vous motiver pour passer à la suivante.
Quant à moi, je n’ai rien écrit en janvier parce que je n’avais rien dans les tripes qui me donnait suffisamment envie de vous en parler. L’impression que je ne vous apporterai aucune valeur ajoutée.
Et comme mon objectif n’est pas de respecter coûte que coûte un calendrier, mais de vous apporter quelque chose, j’ai supprimé le numéro de janvier. Et en prime, j’ai trouvé mon sujet de février. Avoir vécu cette grosse flemme n’a pas été agréable, mais aura finalement été un beau cadeau!
Passez un joli mois, et surtout, prenez soin de vous 🧡
Noréa
Envie de lire d’autres newsletters?
Célise Piasentin, des outils et informations utiles à la bonne marche administrative et back office de votre cabinet.
Maud Alavès, plein de bonnes pratiques pour booster votre création de contenus (oui, même quand on est avocat.e!).
Le meilleur d’ailleurs, qui rassemble des bonnes pratiques managériales venues du monde entier.
Pour ne pas rater les prochaines Propagations, inscrivez-vous 👇





Merci pour cet état des lieux et cette méthodologie de reprise du contrôle de soi.